À Présent

Compagnie L’Homme Ivre

Le programme À présent prend l’activité artisanale, la culture traditionnelle et la musique de tradition orale comme point de départ. Il comprend plusieurs volets – recherche, pédagogie et création – et est initié par le Site de pratiques théâtrales Lavauzelle, en collaboration avec la Cie L’Homme ivre.

Au début du vingtième siècle, les campagnes comptaient un riche éventail de chansons anonymes, souvent malicieuses, combatives, et parfois méchantes. Nombre d’entre elles ont été glanées in vivo, à l’aide de moyens rudimentaires d’enregistrement, grâce à l’action de collecteurs itinérants.

En tricotant ensemble certaines pièces de ce répertoire sous forme d’une composition musicale et théâtrale, la compagnie L’Homme ivre entend aviver quelque chose de cette malice. Notre forme de concert, première étape de ce projet, oscille entre une veillée de village réinventée et une enquête traversée de voix enregistrées, articulée autour du personnage du collecteur.

JPEG - 594.4 ko
« À Présent » / Cie L’Homme Ivre

Genevève L’HER et Jean-François FAVREAU, directeurs artistiques de la Cie l’Homme Ivre

Le projet

À présent est un projet qui vise à donner lieu à un spectacle à la saison 2018-2019 et qui est porté par deux structures : le site de pratiques théâtrales de La Vauzelle, qui est un lieu de résidences, de pédagogie et de recherche situé en Creuse, sur le territoire de la Ciate, et la Compagnie de l’Homme Ivre.

Nous nous intéressons avec ces deux entrées différentes, lieu et compagnie, à un théâtre de composition par opposition à un théâtre d’interprétation, où il y aurait un texte qu’il s’agirait de mettre en scène.

Ici, on récolte des éléments, souvent issus du monde traditionnel, de la tradition orale mais pas exclusivement. On récolte des éléments qui peuvent être des chants, des éléments de gestuelle, des formules qu’on prélève pour les monter ensuite. Ça peut être des éléments de scénographie, des éléments de texte, des témoignages, etc.
Tous ces éléments, sans hiérarchie pré-établie, forment la matière avec laquelle on travaille et avec laquelle on met en rythme quelque chose.

Pour vous permettre de nous situer, on est arrivés en Creuse, il y a 6 ans, mais nous n’en sommes pas originaires. Il y a 6 ans, nous étions encore résidents en Pologne, où nous avons travaillé assez longtemps notamment au sein d’une compagnie hébergée dans l’Institut Grotowski. Là-bas, nous avons beaucoup travaillé sur le chant traditionnel, sur le chant polyphonique, avec beaucoup de voyages de recherche notamment sur le pourtour méditerranéen, en Corse, en Sicile, mais aussi dans le monde slave. Tout en travaillant sur des créations implicantes.

Pour parler du chant, ce qui nous intéresse, c’est de faire entendre, de donner un accès à ces cultures. Ce qui est intéressant avec le chant traditionnel, c’est que il traverse les époques filtré par le temps, ça pose très simplement des invariants de l’expérience humaine, quelque-chose qui est vraiment du commun.

Le projet À présent est le deuxième projet de notre compagnie, le premier s’appelait Marie ou la Chambre claire, qui est aussi un spectacle qui s’intéresse à la trace, aux souvenirs, mais de manière un peu différente, puisqu’on s’appuie sur des textes de Robert Walser et aussi sur la photographie ancienne.
On déploie tout un système visuel à partir de films en Super8, de diapositives, de la photographie ancienne.

Mais ce qui nous intéresse, c’est de traiter du genre du portrait, questionner ce qui reste de l’identité quand on essaye de la capturer avec une photo, avec un témoignage.

Avec le projet À présent, il y a aussi cette question sur la trace, sauf qu’on s’attaque à la tradition orale. Ce qui nous intéresse ici, c’est de questionner ce qu’est la tradition orale, la transmission et pour ça, on a décidé de collecter, que ce soit des chants, des témoignages, des gestes et des objets aussi, le tout plutôt centré autour de la culture du travail et ses entours.

Pour l’instant, on a décidé de créer une petite forme de concert d’une cinquantaine de minutes qui peut exister en tant que tel. On cherche des lieux où présenter cette forme, qui est aussi un moyen de partir à la rencontre des gens, c’est une manière de présenter notre travail et de aussi de se présenter en tant qu’êtres humains. On espère qu’en allant vers les gens en leur montrant ce spectacle, qu’il se passe en deuxième partie de soirée, un échange. On l’a déjà fait à Jamaillat, ça fonctionne,
ça permet d’ouvrir la discussion, les échanges, et qu’ensuite les gens nous confient les histoires de leur territoire ou des chants, qu’ils se mettent à plusieurs pour essayer de trouver des chants oubliés.

Cela peut nous faire une entrée en matière soit pour directement collecter, soit pour trouver des pistes, c’est une façon pour se rappeler ensemble d’éléments qui peuvent être oubliés , un peu sous la forme d’une veillée.

L’ambition de ce projet est de pouvoir commencer à construire des formes fixes et de pouvoir faire varier ces formes en fonction des territoires, en fonction de ce qu’on collecte.

Musicalement, le chant de tradition française est plutôt plus pauvre que les projets abordés avec la polyphonie, mais en même temps, il a une étrangeté propre, qui est assez vertigineuse et qui est à notre porte. Quand on parle d’étrangeté, c’est quand on entend des enregistrements des années 50, il y a vraiment des modes musicaux qui sont très différents des modèles actuels, des intervalles pas du tout tempérés.

Et c’est une matière avec laquelle on peut travailler en profondeur.

Distribution

  • Mise en scène : Jean-François Favreau
  • Composition chorégraphique : Marie-Geneviève L’Her
  • Collaboration artistique, dispositifs sonores : Pierre Pragout
  • Jeu : Olivier Chapus, Clélia Colonna, Jean-François Favreau, Marie-Geneviève L’Her

Rendez-vous en ligne :


> Compagnie l’Homme Ivre
Haut de page