Chambre Noire

Compagnie Plexus Polaire / Yngvild Aspeli

Théâtre Visuel / Théâtre de marionnette

Chambre Noire est la 4e création de la metteure en scène norvégienne Yngvild Aspeli, au sein de la Compagnie Plexus Polaire. Cette artiste travaille à partir de romans d’auteurs contemporains, proposant des formes de théâtre visuel mêlant jeu d’acteur(s), marionnette(s) taille humaine et vidéo.

Ce spectacle s’inspire du roman de l’auteure suédoise Sara Stridsberg La Faculté des Rêves. Ce livre nous plonge dans l’univers des années 60 à 80, aux États-Unis, à la rencontre de Valérie Solanas. Du parcours de cette femme, beaucoup ont retenu sa tentative d’assassinat à l’encontre d’Andy Warhol. Mais au-delà de ce geste c’est avant tout une femme, une féministe qui toute sa vie à lutté pour être libre, pour penser librement.

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Chambre Noire - Compagnie Plexus Polaire / Yngvid Aspeli

Sarah Favier, chargée de production :

Yngvild Aspeli est une metteure en scène, comédienne, marionnettiste norvégienne qui est venue en France en 2003, d’abord pour se former au Théâtre Jacques Lecoq puis à l’Institut international de Charleville-Mézières (ESNAM).
Elle sort de Charleville en 2008, et à la suite de cette formation, il va y avoir 3 créations au sein de Plexus Polaire : 2 créations pour les adultes et les adolescents, et une création un peu plus tout public. En parallèle, Ingvild travaille également avec une compagnie en Angleterre, le Jammy Voo Theater.

L’univers d’Ingvild au sein de Plexus Polaire, c’est un travail important autour de la marionnette à taille humaine et autour du théâtre visuel. Elle se repose d’abord dans ses créations sur la littérature, notamment beaucoup de romans. Elle cherche à traduire ces mots en émotions, en images, pour ensuite se questionner sur comment la marionnette va nous permettre de parler de ce qui est impalpable. Réutiliser l’abstrait et pouvoir faire ressentir les émotions.

Elle se permet d’attaquer des sujets parfois difficiles ; son premier spectacle évoluait autour des douleurs fantômes et sur le concept du manque, avec toujours cette idée de comment la marionnette concrétise l’abstrait. Elle a également travaillé sur la folie, notamment à travers l’histoire d’un pyromane.

Elle travaille avec des artistes d’horizons assez divers, mais elle va vraiment chercher à la fois dans la manipulation et dans la musique : tout au plateau pour elle est important. C’est du théâtre visuel, et la musique, les agencements, les mouvements, le corps, tout doit et va et raconter.

Le parcours et l’implantation de la compagnie

Ingvil a été repéré en 2011 par une rencontre avec Philippe Genty lors du Festival Mondial de Charleville-Mézières qui lui a proposé un compagnonnage qui a duré 4 ans. A la fin de ce processus, Ingvild a souhaité s’implanter en Bourgogne, continuer ce qui était commencé. En effet, pendant tout ce compagnonnage, elle était artiste associée à la Maison de la Culture de Nevers et on a commencé à tisser des liens sur le territoire de la Bourgogne, sur lequel la marionnette en tant que discipline est assez absente, elle est plus présente en Franche-Comté.

Dans cette continuité, elle rencontre de nouvelles structures ; il y aussi une belle continuité avec le Théâtre d’Auxerre, avec Pierre Kechkeguian, et on démarrera avec eux à la rentrée un compagnonnage avec le Théâtre d’Auxerre.

Chambre Noire par Yngvild Aspeli

Le point de départ de Chambre Noire, c’est le roman La Faculté des Rêves de Sara Stridsberg. C’est un texte à la fois cru, tendre, et explosif. C’est une fantaisie littéraire autour de la vie de Valérie Solanas, féministe américaine connue pour son manifeste S.C.U.M. et pour sa tentative de meurtre d’Andy Warhol en juin 1968.

C’est une femme ambivalente, paradoxale, féministe et prostituée ; chercheuse à l’Université et écrivaine, et en même temps patiente de nombreuses institutions psychiatriques.

Elle nous montre comment un être humain est constitué de multiples facettes, avec des failles et des forces. Dans sa pluralité, elle nous renvoie à une image surexposée de nous-même et de notre société.

Valérie Solanas sera le personnage principal ; le féminisme et le rôle de la femme dans la société seront des thématiques sous-jacentes. Le manifeste S.C.U.M. transcrit pour moi son niveau d’humiliation et sa rage face aux abus de pouvoir à la fois physique, psychologique et politique. Mais c’est surtout Valérie, en tant qu’être humain qui sera au centre, une femme désaxée qui refuse toute convention et étiquette et qui surtout se bat pour sa vie, son identité et pour sa place dans la société.

Le roman raconte les dernières heures de Valérie Solanas, son agonie solitaire dans son hôtel à San Francisco. Autour de son lit apparaissent des souvenirs ou des personnages marquants de sa vie.

La mise en scène

Nous serons deux sur scène : la percussionniste Ane Marthe Sørlien Holen et moi-même en tant qu’actrice marionnettiste. Valérie Solanas sera représentée par une marionnette taille humaine.

Je suis intéressée par le trouble qui se crée quand la marionnette, qui est un objet mort, semble plus vivant que l’acteur qui lui donne la vie. Comme les rôles sont inversés dans ce sens, nous ne savons plus qui manipule qui, et nous pouvons regarder de plus près les forces qui travaillent à l’intérieur de l’humain et autour de lui, comme le désir, la sexualité, la survie, l’amour.

La Faculté de Rêves est un livre qui m’a beaucoup touché parce qu’il est poétique, provoquant, très drôle et même temps profondément triste. Il arrive à saisir et à exprimer l’insaisissable complexité de la vie.

L’espace qui se crée par la frontière floue entre la fiction et la réalité, crée un espace pour le lecteur ou spectateur de suivre une ligne mais en même temps laisser assez d’espace pour l’interprétation personnelle.

Je ne souhaite pas faire une adaptation théâtrale, mais plutôt traduire le texte en images, situation et atmosphère pour créer une version, une interprétation théâtrale inspirée de l’œuvre littéraire.
Je poursuis ici ma recherche sur comment traduire la douleur en poésie et rendre hommage à l’être humain avec ses failles et ses forces.

La production

Ce sera une création qui verra le jour en septembre 2017. Toutes les résidences sont mises en place, elles se répartissent en France et en Norvège donc, tout comme les soutiens financiers.

Les résidences ont commencé en septembre 2015, les premières auront lieu dans les Îles Lofoten, au dessus du Cercle polaire. Les premières en France auront lieu au Festival mondial des théâtres de marionnettes de Charleville-Mézières, avec une équipe vraiment mixte, moitié norvégienne, moitié française. Les résidences se font en Norvège et en France, avec plusieurs résidences sur le territoire Bourgogne.
Nous sommes sur une vingtaine de pré-achats pour l’instant, l’idée est d’avoir une belle tournée derrière.

Distribution

  • Mise en scène : Yngvild Aspeli
  • Co-mise en scène : Paola Rizza
  • Dramaturgie : Pauline Thimmonier
  • Actrice-marionnettiste : Yngvild Aspeli
  • Compositrice et percussionniste au plateau : Ane Marthe Sørlien Holen
  • Compositrice et musique enregistrée : Guro Skumsnes Moe
  • Construction marionnettes : Yngvild Aspeli, Pascale Blaison, Polina Borisova
  • Scénographie : Elisabeth Holager Lund
  • Créateur lumière : Xavier Lescat
  • Costumes : Sylvia Denais
  • Production : Sarah Favier

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